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Guichets SNCF fermés en Gare de Rennes ce mardi 9 novembre

Après les journées de grève des 29, 30 octobre, 3 et 5 novembre, les vendeurs de la gare de Rennes étaient massivement en grève ce mardi 9 novembre (91 % de grévistes).
Les guichets sont donc restés fermé toute la journée.

Les agents sont toujours déterminés à empêcher le projet de la direction de supprimer 4 vendeurs aux guichets SNCF de Rennes et la réduction des horaires d’ouverture de l’espace de vente au 1er décembre prochain.

Les conditions d’accueil des usagers sont déjà dégradées par manque de personnel pour répondre aux demandes. En plus d’attendre dans certains cas jusqu’à une heure pour accèder à un vendeur, les usagers sont obligés de rester debout car l’espace de vente ne dispose que d’un seul fauteuil. Ce sont des conditions indignes pour recevoir les usagers et notamment les personnes à mobilité réduite (personnes âgées, femmes enceintes, personnes en situation de handicap, malades…).

Avant 9h et après 19h, les voyageurs n’auront plus accès aux guichets pour échanger ou acheter un billet notamment avec de l’argent liquide.

Cette situation crée des conflits entre usagers et agents travaillent en gare (vendeurs, agents d’escale et contrôleurs) et génère de la souffrance au travail pour les cheminots.

Il n’est pas normal de travailler dans ces conditions et il n’est pas normal que les usagers soient reçus dans de telles conditions !

Le projet de la direction ne ferait qu’empirer les choses et nous refusons cela !

Nous méritons de bonnes conditions pour travailler sans risquer l’agression avec suffisamment de cheminots pour assurer un service de qualité aux usagers.

Les associations d’usagers ont été contactées et certaines ont déjà exprimé leur soutien aux cheminots contre ce projet. Une pétition est diffusé sur internet : https://framaforms.org/sauvez-les-guichets-sncf-de-rennes-1634746047

Les syndicats CGT, SUD-Rail, CFDT et UNSA ont déposé une demande de concertation immédiate à la direction de la SNCF TGV OUEST. Mais celle-ci a refusé toute négociation à ce jour.

Pour les usagers, les cheminots restent mobilisés afin obtenir satisfaction sur nos revendications :

  • Le retrait immédiat du dossier (dit d’adaptation) de fermeture des guichets de la gare de Rennes de 19H00 jusqu’à 09H00 avec la suppression de quatre agents de la vente.

  • L’ouverture des guichets de la gare de Rennes du premier jusqu’au dernier train en gare de Rennes et les embauches nécessaires en CDI (roulement et réserve) afin de tenir ces postes de manières convenables tant pour les vendeurs que pour les usagers.

 

L’intersyndicale CGT – SUD-Rail- CFDT - UNSA

Signez la Pétition en ligne :
https://framaforms.org/sauvez-les-guichets-sncf-de-rennes-1634746047

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Soirée-Débat « Petite histoire de l’indemnisation du chômage » 17 novembre

L'assurance chômage est attaquée par la réforme du gouvernement qui réduira le niveau moyen d’allocations, malgré l’opposition des organisations syndicales et des collectifs de chômeuses et chômeurs.

Quelles sont les origines historiques de l'assurance-chômage ?

En quoi est-ce un outil d'émancipation à défendre ?

Ces questions seront abordées avec Baptiste Pagnier, auteur de la brochure « Sans emploi... mais pas sans salaire ! » (éditions Syndicalistes).

Mercredi 17 novembre 18h30

Maison des Associations - 6 cours des Alliés - Rennes

M° Charles de Gaulle

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Congrès de Solidaires : allier lutte de classe, féminisme, écologie, antiracisme, et réfléchir à une recomposition syndicale

Congrès de Solidaires : allier lutte de classe, féminisme, écologie, antiracisme, et réfléchir à une recomposition syndicale
Une interview donnée par Simon Duteil et Murielle Guilbert à la suite du 8ème congrès de l'Union syndicale Solidaires

L’Union syndicale Solidaires réunissait son 8e congrès en Vendée à la fin du mois de septembre. À la veille de la modeste journée de grèves et manifestations interprofessionnelles du 5 octobre, les deux co-délégués de Solidaires ont bien voulu recevoir Rapports de force pour un long entretien sur l’état et les enjeux du syndicat.

 

Qu’est-ce qu’apporte ce congrès dans la construction de l’Union syndicale Solidaires ? Quels en ont été les enjeux ?

Murielle Guibert : Ce n’est pas un congrès anodin dans la mesure où nous sommes dans une période très particulière. L’extrême droite monte partout et nous sortons d’une période de confinement qui a un peu paralysé les luttes syndicales et pendant laquelle le militantisme n’a pas été simple. Du coup, ce congrès a été très important pour rassembler nos forces et confirmer que nous partageons les mêmes valeurs au sein de Solidaires. De ce point de vue, il est réussi parce que nous sortons du congrès avec une déclaration finale qui trace des orientations assez claires. Il était d’une importance assez capitale pour Solidaires de revoir sa feuille de route et d’en sortir avec une commune, alors que nous avions des discussions peu évidentes. Notamment sur notre résolution 2 qui parlait de questions qui divisent grandement le mouvement social à gauche : l’antiracisme, la laïcité et les discriminations.

Simon Duteil : Ce congrès a aussi prouvé que Solidaires, cela fonctionne. Nous arrivons à prendre des décisions tout en avançant au consensus. Nous parvenons à aborder des sujets qui semblent compliqués, mais qui ne le sont pas tant que cela lorsque l’on prend le temps des discussions. Par exemple, nous avons réussi à modifier nos statuts, alors que tout le monde dit que c’est impossible à Solidaires, parce qu’il faut l’unanimité des structures. Ensuite, sur un débat qui pouvait paraître peu préparé, nous avons réussi au cours du congrès à développer une revendication sur une limitation de 1 à 5 de l’échelle des revenus. Jusqu’à présent, nous disions qu’il fallait aller de 1 à 20 vers 1 à 10, tout en ayant conscience que ce n’était pas top pour un syndicalisme se réclamant de l’écologie de ne pas se poser la question d’une limitation sur l’échelle des revenus. Cela montre que l’outil fonctionne. Les structures qui étaient présentes étaient satisfaites du congrès. Les gens avaient la patate à la sortie, ce qui fait du bien dans la période.

 

Vous évoquez des débats internes complexes sur l’antiracisme, les discriminations et la laïcité. Quelles étaient les lignes de fractures et de débats au sein de Solidaires ? Les avez-vous résolues ?

Simon Duteil : Ce n’a pas été le champ de guerre attendu. Nous l’avions préparé collectivement, avec des groupes de travail et des rencontres en amont. Il y a eu de longues discussions pendant le congrès. La commission a travaillé jusqu’à une heure et demie du matin pour faire en sorte qu’il y ait le moins de votes possible [NDLR recherche du consensus]. Les termes « islamophobie » et « racisés » ont cristallisé les débats. Ce sont donc des discussions qui doivent se poursuivre, mais on voit que sur 99 % des choses, il n’y a pas de désaccords au sein de Solidaires.

Murielle Guibert : Nous en sortons avec un groupe antiracisme, ce qui faisait même polémique avant le congrès. Par ailleurs, ce que nous appelions « groupe de travail antifasciste » devient une commission, plus assise dans le temps avec une régularité plus importante. Cela paraît peut-être naturel vis-à-vis de notre syndicalisme, mais valider cela par une résolution de congrès adoptée par tous les syndicats de Solidaires était assez primordial pour nous. Ainsi, ce ne sont pas seulement les représentants de Solidaires au niveau national qui vont faire des choses dans les collectifs. Là, on affirme une vraie volonté de répandre cela dans tous nos syndicats. Et comme cela a été très polémique pour certains secteurs, c’est une vraie avancée de sortir avec une résolution plutôt bien votée sur les discriminations et l’antiracisme.

 

Dans votre déclaration de congrès, vous expliquez qu’un changement des modes de production et de consommation est indispensable, pour ensuite déclarer que Solidaires à son niveau va proposer et accompagner la mise en œuvre de solutions écologiquement et socialement justes. En tant que syndicat de transformation sociale qui organise les salariés au cœur du processus de production, la formulation n’est-elle pas un peu vague et un peu faible ? Cela traduit-il une difficulté à concrétiser cette volonté dans le champ du travail ?

Simon Duteil : Cela peut faire formule à l’emporte-pièce, mais c’est notre syndicat de la Chimie qui a demandé à ce que l’on rajoute cette phrase dans la déclaration. Ce n’est pas rien. Sans revenir sur notre travail au sein de « Plus jamais ça », nous avons organisé des rencontres pour la « transformation sociale et écologique » au mois de juin. Nous étions une soixantaine de militantes et militants à la Bourse du travail de Paris, avec des représentants de la chimie, de l’aérien, d’Amazon et du service public. Nous nous sommes demandé : où va-t-on ? Ce sont les camarades de la chimie qui l’on posé le mieux : « nous sommes certainement l’industrie la plus polluante, nous avons besoin de la chimie sur certaines choses, mais la majorité de ce que nous faisons aujourd’hui est inutile ». Comment pose-t-on ces choses-là ?

Nous n’avons pas une solution clef en main, mais il y a des pistes qui passent par la socialisation et l’autogestion de la production. Mais on peut aussi dire que ce sont de grands mots tant que l’on n’a rien à mettre en œuvre concrètement. Nos discussions ont porté sur comment avoir des projets alternatifs avec les travailleurs et travailleuses, avant d’arriver à des boîtes qui ferment, délocalisent et licencient. Comment peut-on faire d’autres productions avec ces machines et ces savoir-faire-là. Ce n’est pas abouti, mais cela fait partie d’une urgence réelle dans la société, et aussi d’une urgence attendue par les camarades dans ces secteurs. Par exemple, ceux de l’aérien – où nous avons le syndicat des personnels de bord Alter – étaient inquiets sur la façon dont on aborde les transformations dans les transports. Mais nous savons que nous devrons changer des choses en profondeur. Nous distinguons l’entreprise en elle-même des compétences en son sein, et portons aussi la question d’un statut qui défende les salariés. Nous revendiquons que personne ne soit au chômage et que tout le monde ait les mêmes droits et les mêmes revenus pour pouvoir avancer.

 

Au sortir du congrès, vous mettez en avant deux campagnes. L’une dès maintenant sur les rémunérations et l’autre plus dans la durée sur une réduction à 32 h du temps de travail. Pourquoi ces deux-là ?

Murielle Guibert : Même si c’est pour des raisons électorales, il y a des annonces sur l’augmentation des salaires, notamment dans certains secteurs de la fonction publique. Mais on observe aussi une explosion du coût de la vie avec des questions immédiates de pouvoir d’achat auxquelles sont confrontés les travailleurs et travailleuses. Il nous paraissait important de lier ces questions à des changements profonds : la répartition du temps de travail qui peine à devenir un sujet, alors que c’est fondamental par rapport aux choix de société que nous voulons. Enfin, Macron complète et finalise sa réforme du droit du travail avec celle de l’assurance chômage. Nous lions rémunérations et réduction du temps de travail dans la projection d’un modèle de société où ce n’est pas l’emploi précaire qui domine. C’est la question du statut au long court des salariés, sans décrochage, avec des réflexions sur la façon dont on consomme et produit. Mais cela veut dire aussi : comment partage-t-on le temps de travail pour que chacun ait un niveau de vie permettant de vivre bien ? Il faut la poser avec les questions écologiques en fond de réflexion.

Simon Duteil : La campagne au long court n’est pas exclusivement sur les 32 h. Nous allons faire une grosse campagne de politique syndicale en allant convaincre un maximum de personnes, pas seulement coller quelques affiches et autocollants, mais en prenant plusieurs argumentaires, plusieurs entrées. Ce sont les 32 heures et la question des aliénations. Où en est-on aujourd’hui dans le travail ? Dans les commissions « conditions de travail », « femmes » et « écologie », nous allons travailler sur comment mettre en application cette campagne, avec quels alliés pour la construire. L’idée est de la lancer juste après la présidentielle et les législatives. Une campagne de fond pour s’adresser aux travailleuses et travailleurs, pour dire que l’on a des alternatives. Aller convaincre du monde et ne pas être juste dans une campagne défensive. Sur les salaires, c’est une campagne qui est nécessaire maintenant. L’autre correspond plus à notre projet de société.

 

Sur l’augmentation des salaires, aussi légitime soit-elle, n’est-ce pas une revendication qui enferme dans la pensée de la croissance, intrinsèque au modèle de production capitaliste ?

Simon Duteil : Aujourd’hui, il y a énormément de travailleurs, de privés d’emplois et de retraités qui vivent très mal. Il faut une autre répartition des richesses. Nous ne pourrons pas avoir une transformation écologique si les gens qui travaillent le plus et le plus dur ne peuvent pas vivre dignement. Nous disons que le SMIC doit être à 1700 €, soit plus 400 €. Mais nous disons aussi : limitation sur le haut des revenus. Si demain nous avons le rapport de force sur les augmentations, cela veut dire que nous l’aurons aussi pour peser sur la production et sur la consommation. Cela va ensemble. Au lendemain des Pandora Papers, il nous semble important de rappeler que la captation des richesses se fait aujourd’hui par une infime partie de l’humanité, pendant que la majorité de l’humanité – en France la majorité des travailleuses et travailleurs – trime.

 

C’est très ambitieux. Pour faire tout cela, quelles sont les forces de Solidaires 23 ans après sa création ?

Murielle Guibert : Nous revendiquons 110 000 adhérents. L’Union est composée de 55 structures professionnelles de différentes tailles. Nous nous développons dans le secteur associatif et l’informatique. À l’inverse, nous avons des syndicats bien implantés dans la fonction publique qui sont un peu en régression du fait des suppressions d’emplois. Nous avons toujours l’ambition de nous développer dans des secteurs compliqués comme le commerce ou l’industrie, même si avons des nouvelles implantations comme à Amazon où notre syndicalisme de lutte s’est exprimé pendant le premier confinement.

Simon Duteil : Le syndicalisme vit une période difficile. Quasiment toutes les structures syndicales ont régressé ces dernières années. Nous avons pour notre part réussi à stagner en nombre d’adhérents. Cela veut dire que nous avons réussi à encaisser le départ à la retraite des baby-boomers qui constituaient le cœur des générations des débuts de Solidaires. Il y a des rééquilibrages : Finances publiques baisse, Santé-sociaux augmente avec des syndicats dynamiques. Sud éducation a fait plus 1500 adhérents en trois ans. Une nouvelle fédération vient de nous rejoindre : les urbains et interurbains. Ce sont des chauffeurs de bus qui étaient avant dans des syndicats rattachés à des Solidaires locaux. Cela représente 1700 personnes qui ne sont pas délocalisables, comme à Transdev où il y a actuellement un mouvement de grève. Nous avons un petit rééquilibrage vers le privé. Nous sommes à un palier. Nous devons réussir à attirer du monde, à montrer que notre syndicalisme est dynamique et qu’il est en phase avec les salariés. Je pense que cela va arriver vite.

 

L’ambition de l’Union syndicale Solidaires et du Groupe des 10 dont elle est issue était de renouveler le syndicalisme. Plus de 20 ans après, le syndicalisme est au plus bas en termes d’effectif, de renouvellement, de zones blanches et de victoires interprofessionnelles. Est-ce un échec ?

Murielle Guibert : Je ne pense pas que ce soit un échec de la rénovation et de la spécificité de notre syndicalisme tel qu’il existait dans la tête de ceux qui ont créé Solidaires. Certes, il y a une stagnation, voire le sentiment que par rapport aux luttes interprofessionnelles il y a des blocages pour pouvoir refaire des mouvements de masse victorieux. Mais il faut voir ce que l’on a en face de nous. Cela aussi a évolué, nous sommes très loin du pacte social d’après guerre. Aujourd’hui, c’est plutôt la répression qui l’emporte et qui s’est normalisée en termes de pratique de gestion des manifestations sur Paris. Effectivement, il manque dans les petites entreprises la possibilité de faire du syndicalisme, mais ce n’est pas forcement la faute des syndicats. Sur les élections TPE/TPA, cela a été fait n’importe comment par ce gouvernement avec une absence de communication. De plus, la création des CSE (comité social et économique) a diminué les droits partout. Nous sommes très attaqués et absolument pas écoutés. Pour autant, avec ce qui s’est passé sur les retraites, c’est quand même la preuve que le syndicalisme et l’interprofessionnel peuvent les faire reculer. Cela a empêché la mise en place d’une réforme régressive et brutale, même si le confinement a aidé à la fin.

Nous ne sommes pas dans un syndicalisme atrophié, uniquement sectoriel. Nous sommes aussi dans la mise en place de collectifs au-delà de la question des droits des travailleurs et travailleuses, d’alliances qui permettent à de jeunes générations de découvrir le syndicalisme à travers des luttes que l’on porte sur le féminisme, l’environnement et l’antiracisme. Je pense que l’on est encore en avance par rapport aux autres syndicats. Cet esprit-là perdure. Il est validé par l’évolution des luttes. Nous avons réaffirmé dans le congrès que nous marchons sur deux jambes. À la fois une défense pied à pied des droits des salariés, mais aussi une dimension féministe, écologique et antiraciste, qui portent une image du syndicalisme qui ne peut qu’être vue que comme une alternative sérieuse et porteuse dans le contexte dans lequel nous sommes.

 

Simon Duteil : Prenons les choses à l’envers. Ce serait quoi aujourd’hui le paysage syndical sans Solidaires ? En réalité, nous pesons sur plein de choses. Nous avons beaucoup aidé au développement de la grève contre la réforme des retraites fin 2019. Bien au-delà de notre nombre, parce que nous y avons cru et y avons mis de l’énergie. Et pour nous, il est naturel de concevoir la lutte des classes en interaction avec les oppressions et les autres dominations. Nous sommes plutôt en phase avec la période.

Aujourd’hui, c’est bien que nous puissions être avec la CGT et la FSU dans « Plus jamais ça ». Cela aide à faire bouger des lignes. Nous ne sommes pas là pour être concurrents, mais pour changer les choses. Plus il y en aura qui seront un peu d’accord avec ce que nous portons, mieux ce sera. Pour autant, nous sommes encore largement spécifiques. Il suffit de regarder nos pratiques, dont notre congrès témoigne : la capacité de réunir plusieurs centaines de délégués qui ne sont pas forcément d’accord, mais réussissent à trouver des points communs. Qui ne vont pas être là pour se compter : « nous on est la majorité, nous on est la minorité, on est telle ou telle tendance, on va avoir tant de pourcentage et tant de postes ». Cela ne marche pas comme ça à Solidaires. Nous devons être la plus grande organisation fonctionnant autrement. Bien sûr, il y a toujours des risques de normalisation, des possibilités de tension, des gens qui préféreraient que cela fonctionne différemment. Nous avons connu des crises d’adolescence ou de croissance ses derniers temps, mais ce sont des crises que l’on dépasse et que nous allons dépasser.

 

Avec un tel constat, pourquoi parler de recomposition syndicale dans votre déclaration de congrès ?

Simon Duteil : Ce n’est pas parce que notre outil est satisfaisant, que l’on considère qu’il est suffisant face au rouleau compresseur que nous avons en face de nous. Depuis la création de Solidaires, nous ne nous considérons pas comme une fin en soi. Nous portons l’idée d’un courant et de pratiques syndicales qui puissent être dépassées si nécessaire. Et puis, il y a la période. Nous ne blaguons pas lorsque nous disons que la menace fasciste est réelle. Pour l’anticiper, il faut aussi faire face collectivement. Cela implique de faire un pas de côté : regardons-nous, discutons ensemble. À notre congrès, le secrétaire général de la FSU nous a aussi dit que ce serait bien que nous discutions. Nous souhaitons échanger sans exclusive, mais pas par le haut. Nous voudrions que tous les camarades aient cela en tête. Notre syndicalisme est un outil que nous voulons porter avec le plus de monde possible.

Si demain, un Zemour ou une Le Pen prend le pouvoir politique – quand on voit déjà le niveau de tensions et de violences préfasciste dans les rues, comment fait-on ? comment réagit-on ? comment se protège-t-on ? Deux ou trois semaines avant l’élection de Bolsonaro, les camarades au Brésil ne pensaient pas qu’il passerait. Nous devons anticiper ces choses-là et être à la hauteur de la période, être capables de questionner nos outils et ne pas nous enfermer dans une autosatisfaction.

 

Deux fédérations, le commerce et l’industrie, ne sont pas venues au congrès et l’ont fait savoir en dénonçant un non-respect de la Charte d’Amiens et des questions de lignes syndicales notamment à propos de l’alliance « Plus jamais ça ». Traversez-vous des turbulences importantes ?

Murielle Guibert : Je ne mettrais pas sur le même plan le choix de la fédération du Commerce et l’expression de l’Industrie. Dans le Commerce, il y a une crise interne due aussi à des conflits de personnes, qui malgré beaucoup de temps passé, malgré des instances de Solidaires, ont du mal à se résoudre. Un représentant du commerce était quand même présent au congrès et mettait en question des problèmes de pratiques démocratiques dans cette fédération. On espère que cela va se résoudre parce qu’il y a des sections très dynamiques, notamment sur Amazon. Pour l’Industrie, c’est dommage qu’il n’y ait pas eu de participation au congrès. Plutôt qu’une contestation publique envoyée à la presse, il aurait été préférable de discuter des orientations au congrès. Dire que tout est phagocyté et ne pas venir porter ses positions, alors qu’il y a 400 militants présents dans le congrès, ce n’est pas sérieux.

Simon Duteil : Les positions qui ont été exprimées sont des camouflages par rapport à des réalités qui ont été posées dans les instances de Solidaires. Mais nous devons régler les choses d’abord en interne dans Solidaires et non dans la presse.

Grève le 5octobre

Soyons mobilisé·es le #5octobre pour dire STOP aux attaques contres les travailleurs et les travailleuses !

L'emploi est une des préoccupations essentielles des jeunes et du monde du travail. La précarité est en forte hausse, et malgré une opposition unanime, la mise en œuvre de la réforme de l’assurance chômage reste d’actualité.
Le retour de la réforme des retraites que nous avons combattue et empêchée revient à l’ordre du jour. Gouvernement et patronat veulent imposer de nouveaux reculs sur les retraites. Le chômage partiel a provoqué la plupart du temps des baisses de rémunération importantes.

Toutes les infos de Solidaires, vidéos, tracts, visuels... au lien ci-dessous:

https://solidaires.org/Journee-de-greve-interprofessionnelle

 

 

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Acte 2 de la mobilisation des postiers et postières en Ille et Vilaine

Acte 2 de la mobilisation des postiers et postières en Ille et Vilaine : 150 en manifestation contre le plan stratégique de La Poste, pour une augmentation des salaires et fin de la précarité dans nos services.... Les délégations de postiers de la Gironde en intersyndicale et du 92 nous rappelent la nécessité de marquer un camp contre les projets dévastateurs d'une Poste voulant désintégrer les métiers, services et présence postale. L'enjeu d'une lutte nationale ne peut plus rester confiné et subordonné aux injonctions d'un Groupe La Poste qui veut de la précarité dans toutes les activités. Notre responsabilité : s'organiser et lutter tous ensemble et en même temps.

Intervention de notre camarade Arnaud

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Matraquages et agression sexuelles de la police sur des lycéennes de Brequigny

Depuis 15 jours, les lycéen·nes du lycée Bréquigny à Rennes se mobilisent et bloquent leur établissement.

Comme d'autres lycées mobilisés en France, ils et elles réclament l’annulation des épreuves de fin d’année et la validation de leurs diplômes par le contrôle continu comme cela avait été le cas l’an dernier en raison du contexte sanitaire. Mais, le rectorat de Rennes a fait le choix du recours systématique aux forces de l’ordre.

Depuis lundi 10 mai, quatre fourgons de la compagnie départementale d’intervention sont chaque jour devant le lycée. Les policiers font usage de la force sans retenue avec l’assentiment de notre académie : un élève tombé au sol a été frappé à coup de matraque le 10 mai, utilisation des gaz lacrymogènes le 19 mai.

C’est le vendredi 21 mai que la violence a été la plus brutale et inacceptable : les élèves ont dû faire face aux matraques télescopiques, à des insultes, menaces, coups ; une élève a été frappée, menottée et mise en garde à vue et devra comparaître le 20 septembre prochain pour rébellion et violences volontaires contre un agent dépositaire de l’autorité publique alors qu’elle se débattait lors de son interpellation. D’autres élèves, dont nous livrons 2 témoignages joints, ont été victimes de menaces, coups, insultes sexistes et agressions.

La tension monte chaque jour davantage devant cet établissement ; même rassemblé.es pacifiquement devant leur lycée avec slogans, chants, danses et stand up théâtral, les lycéen.nes font désormais face à une répression policière systématique.

SUD Éducation 35 rappelle que le ministère est l’unique responsable de la dégradation du climat scolaire. Depuis l’année dernière, le ministère réprime toutes les mobilisations contre la réforme du baccalauréat, qu’il souhaite maintenir coûte que coûte. Compagnie départementale d’intervention, CRS, gendarmes mobiles : c’est l’école de la confiance vue par le ministre Blanquer.

SUD Éducation 35 soutient la mobilisation lycéenne et exige l’arrêt des violences et menaces à l’encontre des élèves mobilisé.es.

Notre syndicat exige qu'aucune répression, policière ou administrative, ne s'exerce sur les élèves qui défendent à raison leurs droits et leurs revendications.

Nous demandons la suppression de la plainte à l’encontre de l’élève arrêtée vendredi dernier.

Nous avons eu confirmation de ces témoignages et les publions avec l'accord des interssées

Témoignage 1 :

« Vendredi 21 mai, blocage du lycée Bréquigny organisé par les lycéens militants de ce dernier. Les grilles principales du lycée étant ouvertes et impossibles à condamner (mesures mises en place par l'administration de Bréquigny), nous avons décidé de bloquer à l'aide de poubelles. Nous avons remonté et nous en avons collectés une demi-douzaine. Nous sommes ensuite descendus par la grande route qui mène à l'entrée principale du lycée. Nous nous sommes retrouvés face à deux camions de police, qui ont accéléré. De peur de se faire écraser, on a lâché les poubelles. Des policiers sont aussitôt descendus des camions en hurlant et en frappant les poubelles avec leur matraques télescopiques. Ils nous ont couru après. Voyant un.e camarade en difficulté, j'ai foncé vers lui.elle pour lui porter soutien et éviter l'embarcation.

Je me suis fait.e maîtrisé.e par deux policiers, dont mon agresseur. Je n'obtempère pas de suite, et je leur crie de me lâcher. Là, le policier à l'origine des abus me dit "bouge pas, j'vais te défoncer". Il me le répète plusieurs fois. Il se contrôle à peine, il est très violent. Les deux policiers me traînent de force derrière un arbre et me disent que de cette façon "ils (les autres militants) ne prendront pas de photos". Le policier qui m'avait menacé m'attrape par le col et presse son bras sur ma gorge. Je suis coincé.e contre l'arbre. Le policier m'attrape violemment l'entre-jambe et commence à me toucher. Ça a duré un moment qui m'a semblé extrêmement long, il m'a dit "t'aime ça p'tite salope". Sa haine est palpable. Je suis tétanisé.e, je lui dis d'arrêter de me toucher, il continue. Il me dit "au moindre geste, j'te pète les dents". Il n'arrête pas de me répéter qu'il va me "tringler" et qu'au moindre geste il me "démonte". J'ai laissé tomber l'idée de me défendre, il est visiblement en colère. Il ne le cache pas. Pendant ce temps, son collègue fouille mon sac. J'entends des remarques sur le genre associé au prénom présent sur ma carte d'identité. Jusqu'au moment où j'ai eu le droit de ramasser mes affaires éparpillées sur le sol, le policier n'a pas cessé de me coincer contre l'arbre avec son bras en me répétant : "juste un geste et j'te pète les dents". Quand il a enfin dû lâcher prise, il m'a fait savoir que si il me revoyait il me violerait, "si j'te revois, j'te tringle, j'te démonte". Pendant toute l'interpellation, il n'a pas cessé de me rabaisser, de me faire comprendre que je n'étais rien et que je méritais chaque chose qu'il a fait, et me menaçait de faire. Tout cela en insultant ma "famille de connards" au passage. J'insiste sur l'omniprésence de la vulgarité de ses propos, de la violence dans chacun de ses gestes. En particulier l'attouchement qu'il m'a fait subir. Je suis mineure et je m'en souviendrai. Ma colère est légitime, la sienne ainsi que ses gestes sont injustifiables.»

Témoignage 2 :

« Avec une amie, on est arrivé vers 7h20 à l’arrêt Félix Eboué et en descendant du bus on a vu d’autres élèves avec des barrières. On est allé les voir pour savoir s’ils avaient besoin d’aide et on a vu une voiture de police arriver. Arrivé à notre niveau, les portières se sont ouvertes alors que la voiture n’était même pas complètement arrêtée et 4 policiers sont sortis et ont directement dégainé leur matraque, alors que nous étions loin du lycée et que nous n’avions rien fait qui méritait une intervention. Les autres élèves sont partis en courant et mon amie n’a pas bougé. Je l’ai attrapée et on a marché entre les policiers. Nous avons eu extrêmement peur de nous faire taper alors que cela ne faisait même pas 5 minutes que nous étions là. En passant, on les a entendu dire « Alors, ça court les petites putes » et rigoler, en parlant des autres élèves. On a eu de la chance et c’est triste de le dire. Je ne sais pas ce qui est arrivé aux autres élèves. »

La tension monte chaque jour davantage devant cet établissement ; même rassemblé.es pacifiquement devant leur lycée avec slogans, chants, danses et stand up théâtral, les lycéen.nes font désormais face à une répression policière systématique.

SUD Éducation 35 rappelle que le ministère est l’unique responsable de la dégradation du climat scolaire. Depuis l’année dernière, le ministère réprime toutes les mobilisations contre la réforme du baccalauréat, qu’il souhaite maintenir coûte que coûte. Compagnie départementale d’intervention, CRS, gendarmes mobiles : c’est l’école de la confiance vue par le ministre Blanquer.

SUD Éducation 35 Solidaires

CP contre répression lycéenne 21 mai 2021

CP INTERSYNDICAL répression mouvement lycéen du 21 mai

Appel lycéen à la manif 25 27 mai

Le lien vers le communiqué des éfronté·es demandant une enquête

 

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18 MAI 2021 : GRÈVE DE TOUS LES POSTIERS

Première vague de tract, premières visites communes CGT - SUD déjà effectuées ( Saint Malo, Fougères, Mordelles,...). Quelque soit notre secteur ou branche à La Poste, les orientations stratégiques démarrent mal, très mal. En 2021, on subit déjà de la précarité, du sous-effectif, du vol de temps de travail, du vol de rémunération, de congés et de cotisations IRCANTEC..... Il est temps de discuter entre collègues pour préparer la résistance à tous les projets de La Poste. Nous sommes heureux d'apprendre que le 18 mai est une date partagée par plusieurs départements et dans des intersyndicales. Grève nationale ? Chiche ! Il nous faut tous et toutes démarrer la riposte contre leur stratégie !

VOIR LE TRACT

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Régularisation par le travail: la mission du ministère du Travail transférée au ministère de l'Intérieur

Depuis plusieurs années, de nombreuses préfectures exigeaient une promesse d'embauche pour les demandes de régularisation.

Bien que cela ne soit pas légal, les associations d’aide juridique aux personnes exilé.es avaient fini par intégrer cette exigence car les demandes de titres de séjour sans promesses d’embauche aboutissaient la plupart du temps à une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Les promesses d’embauches et autorisations de travail relevaient de la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi), et donc du ministère du travail. Ce qui entraînait des échanges parfois assez longs- entre les deux ministères, du Travail et de l’Intérieur.

Depuis le 1er avril, tout ça, c'est fini. La DIRECCTE n’existe plus. Elle a été remplacée par les DREETS (Directions Régionales de l’Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités). Simple changement de sigle ? Pas seulement. Cette transformation s’inscrit dans le contexte de la loi 4D -Décentralisation, Déconcentration, Différenciation, Décomplexification- qui prévoit de nouvelles économies budgétaires, la suppression d’emplois, et donc la réduction de la qualité des services. C’est aussi l’occasion d’augmenter l’emprise du ministère de l’Intérieur sur l’exercice de certaines missions.

Ainsi, depuis le 6 avril, ce n’est pas la DREETS, mais le ministère de l'Intérieur qui assure le suivi des travailleurs et travailleuses étranger.ères ! La mission du ministère du Travail a été transférée au ministère de l’Intérieur.

Désormais, les demandes d'autorisation de travail doivent s'effectuer par l'employeur et par voie numérique directement auprès des préfectures. Un téléservice a été mis en place. Comme le disait le secrétaire général de la préfecture d’Ille-et-Vilaine à une délégation du Collectif inter-organisations de soutien aux personnes exilées, mobilisé contre la dématérialisation des guichets de la préfecture : "le train de la dématérialisation est en marche et il ne s'arrêtera pas"...

Pour les travailleurs et travailleuses exilé.es, avec ou sans-papiers, c'est une difficulté supplémentaire vers la voie de la régularisation par le travail. Obtenir une promesse d'embauche d'une entreprise n'était pas chose aisée, l'ajout d'une démarche supplémentaire à faire par l'employeur.euse la rend encore plus compliquée.

Jusqu'à présent, les travailleurs et travailleuses exilé.es envoyaient le CERFA sous format papier à la DIRRECTE, qui prenait une décision en fonction du marché de l'emploi et de l'entreprise concernée. Ensuite, la préfecture suivait la décision ou non... Les associations d’aide juridique arrivaient encore un peu à avoir des échanges téléphoniques avec des agents pour discuter des dossiers, ou parfois, les personnes concernées ou les chef.fe.s d'entreprise pouvaient aller directement à la DIRECCTE pour demander où en était leur dossier...

Maintenant, la demande sera envoyée au ministère de l'Intérieur, qui décidera, probablement pas uniquement en fonction du marché de l'emploi, mais plus sûrement en fonction de la politique d'immigration. Sept plateformes interrégionales ont été créées pour gérer les demandes de l’ensemble du territoire. Ainsi, par exemple, les demandes d’autorisation de travail de l’Ille-et-Vilaine seront instruites par une plateforme située à Béthune ! Finis donc les appels et les visites sur place…

(voir la carte sur le lien suivant: https://www.ofii.fr/simplification-des-demarches-demande-dautorisation-de-travail-en-ligne-des-le-6-avril/)

Les démarches en ligne sont annoncées comme « nouvelle étape de la modernisation au bénéfice des étrangers ». Mais les fiches destinées aux employeurs et employeuses révèlent une tout autre réalité : le ministère de l'Intérieur transforme de fait les employeurs et employeuses en auxiliaires des préfectures, les incitant au "flicage". On peut y lire : « Vérifier qu’il détient un titre de séjour en cours de validité et que ce titre l’autorise à travailler. Cette vérification peut être faite auprès de votre préfecture (selon des modalités accessibles sur le site internet de la préfecture) ».

Ces fiches mettent clairement en avant les étrangers et étrangères ayant déjà un titre de séjour et n’évoquent que de manière très vague la possibilité de demander une autorisation de travail pour un travailleur ou une travailleuse sans-papier : « Certains documents de séjour nécessitent au préalable une autorisation de travail. » avec une petite case à cocher :autre situation de titre de séjour… Il n’y a pas de hasard, c’est volontaire et réfléchi.

Ce qui est sûr, c'est que la démarche est assez dissuasive pour les employeurs et employeuses, et ce n'est donc pas bon pour les sans-papiers...

Sources :

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Des audiences en visioconférence dans les CRA: une justice de plus en plus virtuelle

Manifestation le samedi 24 avril à 14h30 devant l'Aire libre (à Saint-Jacques Aéroport)

Depuis février 2021, une salle de visioconférence est en construction dans le Centre de Rétention Administratif (CRA) de Rennes/Saint- Jacques-de-la-Lande. Cette salle en visioconférence est destinée aux audiences devant un Juge des Libertés et de la Détention qui décide du sort des étranger.ère.s menacé.es d'expulsion.

Des associations comme la Cimade dénonçaient ces vidéo-audiences qui avaient déjà lieu avant l'épidémie de COVID 19 et le confinement. A la faveur de la crise sanitaire, ces visioconférences se sont généralisées dans les CRA de France. Le ministère de l'intérieur semble encourager la construction de ces salles de visioconférence : une salle visio existe déjà au CRA de Oissel, d'autres sont en construction à Toulouse et à Rennes. Ce qui devait rester exceptionnel va donc devenir la norme pour les personnes exilées.

La justice s'éloigne de plus en plus des justiciables, en particulier lorsque ceux.celles-ci sont étranger.ère.s.

Fait assez significatif: à Rennes, cette salle de visioconférence est construite  à l'intérieur du CRA. Un bâtiment du ministère de la Justice se retrouve à l'intérieur de l'enceinte d'un centre dépendant du ministère de l'intérieur. Tout un symbole ! La justice et l'accès au droit passe bien après la maîtrise et le gestion comptable de l'immigration.

Car ces vidéo-audiences posent d'innombrables questions. A priori, les avocats et les interprètes resteront au tribunal: comment garantir alors le respect des droits de la défense ? Quelle garantie de confidentialité des échanges avec l’avocat (surtout si l'exilé.e est seul.e sous l'unique surveillance de policier.es) ? Qu’adviendra-t-il si l’audience est interrompue par des problèmes techniques ? Selon une avocate interrogée par Infomigrants, au CRA du Mesnil-Amelot, situé à proximité de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, des audiences ont parfois lieu sans que les premier.ère.s concerné.es soient présent.es, même en "visio".

Il est clair ici qu'il s'agit de ne plus s'embarrasser avec les droits des étrangers. D'une situation exceptionnelle, l’État met en place une justice d'exception, déshumanisante, expéditive et de plus en plus virtuelle.

Pour info: le Collectif inter-organisations de soutien aux personnes exilées de Rennes et le Collectif Sans-papiers 35 appellent à une manifestation le samedi 24 avril à 14h30 devant l'Aire libre (à Saint-Jacques Aéroport).

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