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Aux côtés des exilé.es du gymnase de la Poterie

Le samedi 15 janvier, 200 personnes se sont rassemblées à Rennes, esplanade Charles de Gaulle. Ce jour-là, le collectif inter-organisation de soutien aux personnes exilées a décidé d’ouvrir et de réquisitionner le gymnase de l’école de la Poterie, rue de Vern. Après plusieurs échanges avec la mairie de Rennes par téléphone et communiqués de presse interposés, les forces de l’ordre ont quitté les lieux. En effet, en fin d’après-midi, la mairie de Rennes a informé qu’elle ne demanderait une évacuation du gymnase uniquement si des solutions d’hébergement sont proposées à ces familles et personnes à la rue, rappelant que cela incombait à la préfecture.

Aujourd’hui, des exilées à la rue continuent à s’installer avec le soutien des militant.es. L’occupation se poursuit.

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STOP aux violences sexistes et sexuelles 25 et 27/11/2021 !

En cette journée internationale de luttes contre les violences faites aux femmes, la CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires 35 réaffirment leur soutien et leur solidarité à toutes les femmes et tous les peuples qui combattent les régimes autoritaires, réactionnaires et libéraux visant à toujours limiter les droits des femmes et organiser leur domination. Nos syndicats condamnent avec la plus grande fermeté les inactions des gouvernements contre ce fléau et le recours toujours impuni aux viols de femmes et de filles toujours utilisés comme arme de guerre dans les zones de conflit. Elles rappellent que l’accès à l’éducation, à la santé, à l’alimentation, au logement, au travail… sont des leviers incontournables d’émancipation.
En France, le manque d’ambition politique et de moyens dédiés n’a pas permis de faire reculer les violences sexistes et sexuelles et laisse persister une situation inacceptable, celles des femmes victimes … jusqu’à la mort.
La sphère du travail, loin d’être épargnée, accuse toujours des constats accablants : 1 femme sur 3 déclare avoir été victime de harcèlement sexuel au travail et, selon les chiffres 2020 du ministère chargé de l’égalité, 30% des femmes ont déjà été harcelées ou agressées sur leur lieu de travail quand 9% ont subi un viol par quelqu’un de leur milieu professionnel.
Nous exigeons que le gouvernement français mette la loi en conformité avec les recommandations de la convention 190 de l’OIT qu’il a signé en juin dernier. Il doit doter la législation française de mesures et de moyens ambitieux pour prévenir, contrôler et combattre les violences sexistes et sexuelles au travail. De plus, les milliards d’argent public dépensés dans les plans de relance économique doivent être assortis de contraintes favorables à l’égalité professionnelle et d’obligations imposées aux employeurs de mettre en œuvre des dispositifs rigoureux contre les violences faites aux femmes. Les employeurs publics ont un devoir d’exemplarité de ce point de vue et doivent renforcer l’axe 5 des plans d’action issu des accords égalité afin que la tolérance zéro s’applique dans les trois versants de la fonction publique, les ministères de tutelle et les collectivités territoriales.
Nos organisations syndicales appellent les personnels à manifester ensemble pour interpeller nos employeurs privés et publics ainsi que le gouvernement afin d’exiger la mise en œuvre immédiate d’un grand plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
La CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires 35 appellent à manifester les jeudi 25 novembre et samedi 27 novembre aux côtés des collectifs féministes et antisexistes d’Ille-et-Vilaine.

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Congrès de Solidaires : allier lutte de classe, féminisme, écologie, antiracisme, et réfléchir à une recomposition syndicale

Congrès de Solidaires : allier lutte de classe, féminisme, écologie, antiracisme, et réfléchir à une recomposition syndicale
Une interview donnée par Simon Duteil et Murielle Guilbert à la suite du 8ème congrès de l'Union syndicale Solidaires

L’Union syndicale Solidaires réunissait son 8e congrès en Vendée à la fin du mois de septembre. À la veille de la modeste journée de grèves et manifestations interprofessionnelles du 5 octobre, les deux co-délégués de Solidaires ont bien voulu recevoir Rapports de force pour un long entretien sur l’état et les enjeux du syndicat.

 

Qu’est-ce qu’apporte ce congrès dans la construction de l’Union syndicale Solidaires ? Quels en ont été les enjeux ?

Murielle Guibert : Ce n’est pas un congrès anodin dans la mesure où nous sommes dans une période très particulière. L’extrême droite monte partout et nous sortons d’une période de confinement qui a un peu paralysé les luttes syndicales et pendant laquelle le militantisme n’a pas été simple. Du coup, ce congrès a été très important pour rassembler nos forces et confirmer que nous partageons les mêmes valeurs au sein de Solidaires. De ce point de vue, il est réussi parce que nous sortons du congrès avec une déclaration finale qui trace des orientations assez claires. Il était d’une importance assez capitale pour Solidaires de revoir sa feuille de route et d’en sortir avec une commune, alors que nous avions des discussions peu évidentes. Notamment sur notre résolution 2 qui parlait de questions qui divisent grandement le mouvement social à gauche : l’antiracisme, la laïcité et les discriminations.

Simon Duteil : Ce congrès a aussi prouvé que Solidaires, cela fonctionne. Nous arrivons à prendre des décisions tout en avançant au consensus. Nous parvenons à aborder des sujets qui semblent compliqués, mais qui ne le sont pas tant que cela lorsque l’on prend le temps des discussions. Par exemple, nous avons réussi à modifier nos statuts, alors que tout le monde dit que c’est impossible à Solidaires, parce qu’il faut l’unanimité des structures. Ensuite, sur un débat qui pouvait paraître peu préparé, nous avons réussi au cours du congrès à développer une revendication sur une limitation de 1 à 5 de l’échelle des revenus. Jusqu’à présent, nous disions qu’il fallait aller de 1 à 20 vers 1 à 10, tout en ayant conscience que ce n’était pas top pour un syndicalisme se réclamant de l’écologie de ne pas se poser la question d’une limitation sur l’échelle des revenus. Cela montre que l’outil fonctionne. Les structures qui étaient présentes étaient satisfaites du congrès. Les gens avaient la patate à la sortie, ce qui fait du bien dans la période.

 

Vous évoquez des débats internes complexes sur l’antiracisme, les discriminations et la laïcité. Quelles étaient les lignes de fractures et de débats au sein de Solidaires ? Les avez-vous résolues ?

Simon Duteil : Ce n’a pas été le champ de guerre attendu. Nous l’avions préparé collectivement, avec des groupes de travail et des rencontres en amont. Il y a eu de longues discussions pendant le congrès. La commission a travaillé jusqu’à une heure et demie du matin pour faire en sorte qu’il y ait le moins de votes possible [NDLR recherche du consensus]. Les termes « islamophobie » et « racisés » ont cristallisé les débats. Ce sont donc des discussions qui doivent se poursuivre, mais on voit que sur 99 % des choses, il n’y a pas de désaccords au sein de Solidaires.

Murielle Guibert : Nous en sortons avec un groupe antiracisme, ce qui faisait même polémique avant le congrès. Par ailleurs, ce que nous appelions « groupe de travail antifasciste » devient une commission, plus assise dans le temps avec une régularité plus importante. Cela paraît peut-être naturel vis-à-vis de notre syndicalisme, mais valider cela par une résolution de congrès adoptée par tous les syndicats de Solidaires était assez primordial pour nous. Ainsi, ce ne sont pas seulement les représentants de Solidaires au niveau national qui vont faire des choses dans les collectifs. Là, on affirme une vraie volonté de répandre cela dans tous nos syndicats. Et comme cela a été très polémique pour certains secteurs, c’est une vraie avancée de sortir avec une résolution plutôt bien votée sur les discriminations et l’antiracisme.

 

Dans votre déclaration de congrès, vous expliquez qu’un changement des modes de production et de consommation est indispensable, pour ensuite déclarer que Solidaires à son niveau va proposer et accompagner la mise en œuvre de solutions écologiquement et socialement justes. En tant que syndicat de transformation sociale qui organise les salariés au cœur du processus de production, la formulation n’est-elle pas un peu vague et un peu faible ? Cela traduit-il une difficulté à concrétiser cette volonté dans le champ du travail ?

Simon Duteil : Cela peut faire formule à l’emporte-pièce, mais c’est notre syndicat de la Chimie qui a demandé à ce que l’on rajoute cette phrase dans la déclaration. Ce n’est pas rien. Sans revenir sur notre travail au sein de « Plus jamais ça », nous avons organisé des rencontres pour la « transformation sociale et écologique » au mois de juin. Nous étions une soixantaine de militantes et militants à la Bourse du travail de Paris, avec des représentants de la chimie, de l’aérien, d’Amazon et du service public. Nous nous sommes demandé : où va-t-on ? Ce sont les camarades de la chimie qui l’on posé le mieux : « nous sommes certainement l’industrie la plus polluante, nous avons besoin de la chimie sur certaines choses, mais la majorité de ce que nous faisons aujourd’hui est inutile ». Comment pose-t-on ces choses-là ?

Nous n’avons pas une solution clef en main, mais il y a des pistes qui passent par la socialisation et l’autogestion de la production. Mais on peut aussi dire que ce sont de grands mots tant que l’on n’a rien à mettre en œuvre concrètement. Nos discussions ont porté sur comment avoir des projets alternatifs avec les travailleurs et travailleuses, avant d’arriver à des boîtes qui ferment, délocalisent et licencient. Comment peut-on faire d’autres productions avec ces machines et ces savoir-faire-là. Ce n’est pas abouti, mais cela fait partie d’une urgence réelle dans la société, et aussi d’une urgence attendue par les camarades dans ces secteurs. Par exemple, ceux de l’aérien – où nous avons le syndicat des personnels de bord Alter – étaient inquiets sur la façon dont on aborde les transformations dans les transports. Mais nous savons que nous devrons changer des choses en profondeur. Nous distinguons l’entreprise en elle-même des compétences en son sein, et portons aussi la question d’un statut qui défende les salariés. Nous revendiquons que personne ne soit au chômage et que tout le monde ait les mêmes droits et les mêmes revenus pour pouvoir avancer.

 

Au sortir du congrès, vous mettez en avant deux campagnes. L’une dès maintenant sur les rémunérations et l’autre plus dans la durée sur une réduction à 32 h du temps de travail. Pourquoi ces deux-là ?

Murielle Guibert : Même si c’est pour des raisons électorales, il y a des annonces sur l’augmentation des salaires, notamment dans certains secteurs de la fonction publique. Mais on observe aussi une explosion du coût de la vie avec des questions immédiates de pouvoir d’achat auxquelles sont confrontés les travailleurs et travailleuses. Il nous paraissait important de lier ces questions à des changements profonds : la répartition du temps de travail qui peine à devenir un sujet, alors que c’est fondamental par rapport aux choix de société que nous voulons. Enfin, Macron complète et finalise sa réforme du droit du travail avec celle de l’assurance chômage. Nous lions rémunérations et réduction du temps de travail dans la projection d’un modèle de société où ce n’est pas l’emploi précaire qui domine. C’est la question du statut au long court des salariés, sans décrochage, avec des réflexions sur la façon dont on consomme et produit. Mais cela veut dire aussi : comment partage-t-on le temps de travail pour que chacun ait un niveau de vie permettant de vivre bien ? Il faut la poser avec les questions écologiques en fond de réflexion.

Simon Duteil : La campagne au long court n’est pas exclusivement sur les 32 h. Nous allons faire une grosse campagne de politique syndicale en allant convaincre un maximum de personnes, pas seulement coller quelques affiches et autocollants, mais en prenant plusieurs argumentaires, plusieurs entrées. Ce sont les 32 heures et la question des aliénations. Où en est-on aujourd’hui dans le travail ? Dans les commissions « conditions de travail », « femmes » et « écologie », nous allons travailler sur comment mettre en application cette campagne, avec quels alliés pour la construire. L’idée est de la lancer juste après la présidentielle et les législatives. Une campagne de fond pour s’adresser aux travailleuses et travailleurs, pour dire que l’on a des alternatives. Aller convaincre du monde et ne pas être juste dans une campagne défensive. Sur les salaires, c’est une campagne qui est nécessaire maintenant. L’autre correspond plus à notre projet de société.

 

Sur l’augmentation des salaires, aussi légitime soit-elle, n’est-ce pas une revendication qui enferme dans la pensée de la croissance, intrinsèque au modèle de production capitaliste ?

Simon Duteil : Aujourd’hui, il y a énormément de travailleurs, de privés d’emplois et de retraités qui vivent très mal. Il faut une autre répartition des richesses. Nous ne pourrons pas avoir une transformation écologique si les gens qui travaillent le plus et le plus dur ne peuvent pas vivre dignement. Nous disons que le SMIC doit être à 1700 €, soit plus 400 €. Mais nous disons aussi : limitation sur le haut des revenus. Si demain nous avons le rapport de force sur les augmentations, cela veut dire que nous l’aurons aussi pour peser sur la production et sur la consommation. Cela va ensemble. Au lendemain des Pandora Papers, il nous semble important de rappeler que la captation des richesses se fait aujourd’hui par une infime partie de l’humanité, pendant que la majorité de l’humanité – en France la majorité des travailleuses et travailleurs – trime.

 

C’est très ambitieux. Pour faire tout cela, quelles sont les forces de Solidaires 23 ans après sa création ?

Murielle Guibert : Nous revendiquons 110 000 adhérents. L’Union est composée de 55 structures professionnelles de différentes tailles. Nous nous développons dans le secteur associatif et l’informatique. À l’inverse, nous avons des syndicats bien implantés dans la fonction publique qui sont un peu en régression du fait des suppressions d’emplois. Nous avons toujours l’ambition de nous développer dans des secteurs compliqués comme le commerce ou l’industrie, même si avons des nouvelles implantations comme à Amazon où notre syndicalisme de lutte s’est exprimé pendant le premier confinement.

Simon Duteil : Le syndicalisme vit une période difficile. Quasiment toutes les structures syndicales ont régressé ces dernières années. Nous avons pour notre part réussi à stagner en nombre d’adhérents. Cela veut dire que nous avons réussi à encaisser le départ à la retraite des baby-boomers qui constituaient le cœur des générations des débuts de Solidaires. Il y a des rééquilibrages : Finances publiques baisse, Santé-sociaux augmente avec des syndicats dynamiques. Sud éducation a fait plus 1500 adhérents en trois ans. Une nouvelle fédération vient de nous rejoindre : les urbains et interurbains. Ce sont des chauffeurs de bus qui étaient avant dans des syndicats rattachés à des Solidaires locaux. Cela représente 1700 personnes qui ne sont pas délocalisables, comme à Transdev où il y a actuellement un mouvement de grève. Nous avons un petit rééquilibrage vers le privé. Nous sommes à un palier. Nous devons réussir à attirer du monde, à montrer que notre syndicalisme est dynamique et qu’il est en phase avec les salariés. Je pense que cela va arriver vite.

 

L’ambition de l’Union syndicale Solidaires et du Groupe des 10 dont elle est issue était de renouveler le syndicalisme. Plus de 20 ans après, le syndicalisme est au plus bas en termes d’effectif, de renouvellement, de zones blanches et de victoires interprofessionnelles. Est-ce un échec ?

Murielle Guibert : Je ne pense pas que ce soit un échec de la rénovation et de la spécificité de notre syndicalisme tel qu’il existait dans la tête de ceux qui ont créé Solidaires. Certes, il y a une stagnation, voire le sentiment que par rapport aux luttes interprofessionnelles il y a des blocages pour pouvoir refaire des mouvements de masse victorieux. Mais il faut voir ce que l’on a en face de nous. Cela aussi a évolué, nous sommes très loin du pacte social d’après guerre. Aujourd’hui, c’est plutôt la répression qui l’emporte et qui s’est normalisée en termes de pratique de gestion des manifestations sur Paris. Effectivement, il manque dans les petites entreprises la possibilité de faire du syndicalisme, mais ce n’est pas forcement la faute des syndicats. Sur les élections TPE/TPA, cela a été fait n’importe comment par ce gouvernement avec une absence de communication. De plus, la création des CSE (comité social et économique) a diminué les droits partout. Nous sommes très attaqués et absolument pas écoutés. Pour autant, avec ce qui s’est passé sur les retraites, c’est quand même la preuve que le syndicalisme et l’interprofessionnel peuvent les faire reculer. Cela a empêché la mise en place d’une réforme régressive et brutale, même si le confinement a aidé à la fin.

Nous ne sommes pas dans un syndicalisme atrophié, uniquement sectoriel. Nous sommes aussi dans la mise en place de collectifs au-delà de la question des droits des travailleurs et travailleuses, d’alliances qui permettent à de jeunes générations de découvrir le syndicalisme à travers des luttes que l’on porte sur le féminisme, l’environnement et l’antiracisme. Je pense que l’on est encore en avance par rapport aux autres syndicats. Cet esprit-là perdure. Il est validé par l’évolution des luttes. Nous avons réaffirmé dans le congrès que nous marchons sur deux jambes. À la fois une défense pied à pied des droits des salariés, mais aussi une dimension féministe, écologique et antiraciste, qui portent une image du syndicalisme qui ne peut qu’être vue que comme une alternative sérieuse et porteuse dans le contexte dans lequel nous sommes.

 

Simon Duteil : Prenons les choses à l’envers. Ce serait quoi aujourd’hui le paysage syndical sans Solidaires ? En réalité, nous pesons sur plein de choses. Nous avons beaucoup aidé au développement de la grève contre la réforme des retraites fin 2019. Bien au-delà de notre nombre, parce que nous y avons cru et y avons mis de l’énergie. Et pour nous, il est naturel de concevoir la lutte des classes en interaction avec les oppressions et les autres dominations. Nous sommes plutôt en phase avec la période.

Aujourd’hui, c’est bien que nous puissions être avec la CGT et la FSU dans « Plus jamais ça ». Cela aide à faire bouger des lignes. Nous ne sommes pas là pour être concurrents, mais pour changer les choses. Plus il y en aura qui seront un peu d’accord avec ce que nous portons, mieux ce sera. Pour autant, nous sommes encore largement spécifiques. Il suffit de regarder nos pratiques, dont notre congrès témoigne : la capacité de réunir plusieurs centaines de délégués qui ne sont pas forcément d’accord, mais réussissent à trouver des points communs. Qui ne vont pas être là pour se compter : « nous on est la majorité, nous on est la minorité, on est telle ou telle tendance, on va avoir tant de pourcentage et tant de postes ». Cela ne marche pas comme ça à Solidaires. Nous devons être la plus grande organisation fonctionnant autrement. Bien sûr, il y a toujours des risques de normalisation, des possibilités de tension, des gens qui préféreraient que cela fonctionne différemment. Nous avons connu des crises d’adolescence ou de croissance ses derniers temps, mais ce sont des crises que l’on dépasse et que nous allons dépasser.

 

Avec un tel constat, pourquoi parler de recomposition syndicale dans votre déclaration de congrès ?

Simon Duteil : Ce n’est pas parce que notre outil est satisfaisant, que l’on considère qu’il est suffisant face au rouleau compresseur que nous avons en face de nous. Depuis la création de Solidaires, nous ne nous considérons pas comme une fin en soi. Nous portons l’idée d’un courant et de pratiques syndicales qui puissent être dépassées si nécessaire. Et puis, il y a la période. Nous ne blaguons pas lorsque nous disons que la menace fasciste est réelle. Pour l’anticiper, il faut aussi faire face collectivement. Cela implique de faire un pas de côté : regardons-nous, discutons ensemble. À notre congrès, le secrétaire général de la FSU nous a aussi dit que ce serait bien que nous discutions. Nous souhaitons échanger sans exclusive, mais pas par le haut. Nous voudrions que tous les camarades aient cela en tête. Notre syndicalisme est un outil que nous voulons porter avec le plus de monde possible.

Si demain, un Zemour ou une Le Pen prend le pouvoir politique – quand on voit déjà le niveau de tensions et de violences préfasciste dans les rues, comment fait-on ? comment réagit-on ? comment se protège-t-on ? Deux ou trois semaines avant l’élection de Bolsonaro, les camarades au Brésil ne pensaient pas qu’il passerait. Nous devons anticiper ces choses-là et être à la hauteur de la période, être capables de questionner nos outils et ne pas nous enfermer dans une autosatisfaction.

 

Deux fédérations, le commerce et l’industrie, ne sont pas venues au congrès et l’ont fait savoir en dénonçant un non-respect de la Charte d’Amiens et des questions de lignes syndicales notamment à propos de l’alliance « Plus jamais ça ». Traversez-vous des turbulences importantes ?

Murielle Guibert : Je ne mettrais pas sur le même plan le choix de la fédération du Commerce et l’expression de l’Industrie. Dans le Commerce, il y a une crise interne due aussi à des conflits de personnes, qui malgré beaucoup de temps passé, malgré des instances de Solidaires, ont du mal à se résoudre. Un représentant du commerce était quand même présent au congrès et mettait en question des problèmes de pratiques démocratiques dans cette fédération. On espère que cela va se résoudre parce qu’il y a des sections très dynamiques, notamment sur Amazon. Pour l’Industrie, c’est dommage qu’il n’y ait pas eu de participation au congrès. Plutôt qu’une contestation publique envoyée à la presse, il aurait été préférable de discuter des orientations au congrès. Dire que tout est phagocyté et ne pas venir porter ses positions, alors qu’il y a 400 militants présents dans le congrès, ce n’est pas sérieux.

Simon Duteil : Les positions qui ont été exprimées sont des camouflages par rapport à des réalités qui ont été posées dans les instances de Solidaires. Mais nous devons régler les choses d’abord en interne dans Solidaires et non dans la presse.

Grève le 5octobre

Soyons mobilisé·es le #5octobre pour dire STOP aux attaques contres les travailleurs et les travailleuses !

L'emploi est une des préoccupations essentielles des jeunes et du monde du travail. La précarité est en forte hausse, et malgré une opposition unanime, la mise en œuvre de la réforme de l’assurance chômage reste d’actualité.
Le retour de la réforme des retraites que nous avons combattue et empêchée revient à l’ordre du jour. Gouvernement et patronat veulent imposer de nouveaux reculs sur les retraites. Le chômage partiel a provoqué la plupart du temps des baisses de rémunération importantes.

Toutes les infos de Solidaires, vidéos, tracts, visuels... au lien ci-dessous:

https://solidaires.org/Journee-de-greve-interprofessionnelle

 

 

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Pétition contre la loi sanitaire et les régressions sociales à venir. Pour une politique sociale et de santé juste et démocratique

LIEN POUR SIGNER LA PÉTITION

Le texte et les 1er signataires de la pétition :

Pour une politique sociale et de santé juste et démocratique. Pétition contre la loi sanitaire et les régressions sociales à venir.

Comment justifier qu’un pass sanitaire permette :

de discriminer à l’embauche, de suspendre le salaire ou de licencier des salarié·e·s, en CDD ou précaires, parce qu’ils·elles ne sont pas vacciné·e·s ?

de refuser des patient·e·s dans les hôpitaux pour la même raison ?

d’instaurer un contrôle et une surveillance généralisés sur la population et de diviser la population entre vacciné·e·s et non vacciné·e·s ?

En même temps, peut-on accepter que la casse de l’hôpital public continue ? Que la crise soit payée, non pas par les multinationales et les plus riches qui en ont profité, mais par tous les autres, notamment les travailleur·euse·s, les jeunes, les chômeur·euse·s, les retraité·e·s ?

Une vaccination large et massive est nécessaire pour combattre la pandémie, ainsi qu’une autre politique, juste et démocratique. Nous, signataires, nous opposons à la loi sanitaire et aux régressions sociales à venir.

Nous exigeons du gouvernement français :

- le retrait de cette loi et de l’état d’urgence sanitaires ;

- des moyens financiers et humains bien plus importants dans les hôpitaux publics et les Ehpad, un débat et une information d’ampleur, des possibilités de se faire vacciner sur le temps de travail, une couverture bien plus importante des centres de vaccination et les embauches nécessaires pour permettre des conditions de travail respectueuses des exigences sanitaires ;

- une action résolue en faveur de la levée des brevets au sein de l’Organisation mondiale du commerce, pour la solidarité internationale et la santé publique ;

- l’abandon des lois et projets sur l’assurance chômage et les retraites.

Premiers signataires
Responsables d’organisations : Aurélie Trouvé et Raphaël Pradeau (porte-parole d’Attac), Céline Verzeletti (secrétaire confédérale de la CGT), Simon Duteil et Murielle Guilbert (co-délégué·es généraux de l’Union syndicale Solidaires), Thomas Porte (porte-parole de Génération·s), Delphine Glachant (présidente de l’Union syndicale de la psychiatrie), Pierre Schwob (Collectif Inter Urgences), Mireille Stivala (secrétaire générale de la fédération CGT Santé et action sociale), Jean Marc Devauchelle (secrétaire général de la Fédération SUD Santé Sociaux), Thierry Amouroux (porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers SNPI), Mélanie Luce (présidente de l’UNEF), Sonia Ollivier (co-secrétaire nationale du SNPES-PJJ/FSU), Jean-Baptiste Eyraud (porte-parole Droit Au Logement), Khaled Gaiji (président des Amis de la Terre France), Pierre Khalfa et Willy Pelletier (Fondation Copernic), Emmanuel Vire (secrétaire général du SNJ-CGT), Hafsa Askar (Secrétaire Générale de la FSE), Denis Lalys (secrétaire général de la FNPOS de la CGT), Ana Azaria (présidente Femmes égalité), Lenny Gras (porte parole du MNL), Mathieu Devlaminck (UNL), René Seibel (Action contre le chômage), Christian Eyschen (secrétaire général de la Libre Pensée), Christine Poupin et Olivier Besancenot (porte-parole du NPA), Aneth Hembert (co-secrétaire fédérale des Jeunes Ecologistes), Jean-Christophe Sellin et Hélène Le Cacheux (coordinateurs du Parti de Gauche), Jean-François Pellissier et Myriam Martin (porte parole d’ENSEMBLE !), Christian Pierrel (porte parole du PCOF), Martin Méchin et Louise Tort (Black Robe Brigade), Philippe Poutou (Porte-parole du NPA), Dominique Ferré (Parti ouvrier indépendant démocratique).

Elu·e·s : Éric Coquerel (député LFI), Elsa Faucillon (députée PCF), Eric Piolle (maire EELV), Jean-Luc Mélenchon (député LFI), Sébastien Jumel (député PCF), Emilie Carriou (députée Nouveaux Démocrates), Clémentine Autain (députée LFI), Aurélien Taché (député Nouveaux Démocrates), Mathilde Panot (députée LFI), Pierre Dhareville (député PCF), Caroline Fiat (députée LFI), Manon Aubry (députée européenne LFI), Adrien Quatennens (député LFI), François Ruffin (député LFI), Muriel Ressiguier (députée LFI).

Personnalités : Youcef Brakni (militant antiraciste), Sandrine Rousseau (EELV), Véronique Ponvert (syndicaliste FSU), David Dufresne (jécrivain, réalisateur), Caroline Mecary (avocate), Taha Bouhafs (journaliste), Jean-Marie Harribey (économiste), Arie Alimi (avocat), Kevin Vacher et Deborah Ozil (Rencontre des Justices), Anthony Caillé (CGT-Police), Stéphane Jouteux (syndicaliste), Arnaud Malaisé (syndicaliste FSU), Nicolas Mayart (journaliste), Dominique Plihon (économiste), Paul Poulain (spécialiste des risques industriels), Laure Vermeersch (L’ACID), Gilles Perret (réalisateur), Rokhaya Diallo (écrivaine), Claire Lejeune (EELV).

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Conférence sociale : toutes ces urgences auxquelles Macron ne répondra pas !

Ce mardi 6 juillet, Macron a convié les 8 organisations syndicales dites « représentatives » de salarié-es et d’employeurs à une conférence sociale censée débattre des “grands défis du moment”. Avec sur la table la discussion sur le retour d’une réforme des retraites saupoudrée d’autres projets socialement tout aussi inacceptables comme la réforme gouvernementale de l’assurance chômage. N’étant pas conviée, l’Union syndicale Solidaires n’aura donc pas la possibilité de lui rappeler de vive voix les revendications qu’il est plus que temps de mettre en place pour répondre aux catastrophes que ses politiques antisociales ont provoquées et enfin sortir d’un système socialement, écologiquement mortifère.

Comme nous l’avons rappelé il y a plusieurs mois, le gouvernement est très loin du compte, à commencer sur le plan sanitaire. La pandémie de COVID 19 n’a fait que rappeler les urgences en termes de service public de santé, sans oublier le social et le médico social, alors que la crise pandémique n’est pas terminée et que d’autres vagues semblent se profiler. Le débat actuel sur la vaccination obligatoire des soignant-es, ces « héros » applaudis lors du premier confinement, ne doit certainement pas masquer qu’aujourd’hui les suppressions de services, de lits et même d’établissements entiers continuent, démontrant ainsi que la logique des coûts prévaut encore, sur tout autre considération !

A l’opposé d’un Ségur de la santé rachitique, nous revendiquons des effectifs indispensables à un service public de la santé en capacité de répondre aux enjeux sanitaires et qui soient recrutés, formés et correctement rémunérés. Il est indispensable que les lits de réanimation promis arrivent enfin dans les services. Par ailleurs, nous exigeons que la population dispose enfin des moyens adaptés pour se protéger efficacement contre la pandémie. Cela doit notamment concerner les travailleurs-euses invisibles qui ont été en première ligne face au virus. Ces premiers-ères de corvée doivent bénéficier des conditions de travail et disposer des salaires en phase avec leur utilité sociale.

La crise économique fait craindre une explosion des licenciements et suppressions d’emplois. La crise sociale s’accompagne d’une crise écologique et climatique. La démocratie ne cesse d’être abîmée par des lois et autres textes liberticides… Il est plus qu’urgent d’inverser réellement le cours des choses ! Plutôt que faire les poches des travailleur-euses pour satisfaire les intérêts financiers au nom d’une dette qu’il faudrait soit disant rembourser, l’urgence, c’est la satisfaction immédiate des besoins sociaux.

Solidaires porte ainsi les mesures indispensables :

  • - hausse du smic, des minimas sociaux et des retraites pour les porter à 1700 euros net au minimum et hausse de 400 euros des salaires,
  • - création massive d’emplois dans les services publics, en particulier de santé et d’éducation pour faire face à la pandémie, et à celles à venir, aux besoins sociaux, et la fin des suppressions d’emplois.
  • - conditionnement social et écologique des aides apportés aux entreprises,
  • - abrogation immédiate et totale de la réforme de l’assurance chômage, 100 % des chômeurs-euses indemnisé-es au minimum du SMIC et une prolongation de toutes les indemnisations pendant la crise sanitaire et année blanche pour les chômeurs-euses à partir de la reprise complète de l’activité,
  • - extension du RSA aux 18-25 ans,
  • - interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits
  • - partage du travail et baisse du temps de travail à 32h hebdomadaire sans perte de salaire ni flexibilité...

Nous ne nous leurrons pas, ce n’est pas dans une conférence sociale où Macron cherche à valider ses projets antisociaux que nous pouvons obtenir satisfaction.

Pour pouvoir mettre en oeuvre toutes ces mesures immédiates et lutter contre les réformes antisociales du gouvernement, seule la lutte et le rapport de force massif peuvent permettre de l’emporter. Cet été verra malheureusement encore les plans sociaux se multiplier. Cet automne doit voir nos luttes locales, sectorielles s’agréger pour ensemble construire un mouvement interprofessionnel massif et victorieux

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Acte 2 de la mobilisation des postiers et postières en Ille et Vilaine

Acte 2 de la mobilisation des postiers et postières en Ille et Vilaine : 150 en manifestation contre le plan stratégique de La Poste, pour une augmentation des salaires et fin de la précarité dans nos services.... Les délégations de postiers de la Gironde en intersyndicale et du 92 nous rappelent la nécessité de marquer un camp contre les projets dévastateurs d'une Poste voulant désintégrer les métiers, services et présence postale. L'enjeu d'une lutte nationale ne peut plus rester confiné et subordonné aux injonctions d'un Groupe La Poste qui veut de la précarité dans toutes les activités. Notre responsabilité : s'organiser et lutter tous ensemble et en même temps.

Intervention de notre camarade Arnaud

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Après le 1er mai, Solidarité des syndicats d'Ille-et-Vilaine contre les violences et pour le droit de manifester

À la fin de la manifestation du 1er mai à Paris, des militant·es CGT ont été victimes d’un déchainement de violence sous forme de coups et d’injures par des individus constituant un véritable commando masqué. Insultes homophobes, sexistes, racistes, ont précédé des actes de vandalisation des véhicules des organisations puis la haine s’est exprimée par un déchainement de coups et de jets de projectiles provoquant des blessures chez des camarades, jusqu’à des hospitalisations. L’organisation CGT a été particulièrement visée.

Ces individus se trompent de cible et choisissent de s’attaquer à ceux qui se battent pour défendre les salarié.es plutôt que de lutter contre la politique du grand patronat et du gouvernement dont les lois veulent nous priver de notre liberté.

Au-delà des évènements à Paris, ce sont d’autres manifestations qui ont été perturbées comme à Nantes ou Lyon, entachées de violences. Nos services d’ordre à Rennes ont eux aussi, lors d’autres manifestations, subi des insultes homophobes et sexistes.

Les organisations syndicales d'Ille-et-Vilaine CGT, FO, FSU, Solidaires sont indignées et dénoncent sans aucune réserve ces violences inacceptables contre le monde du travail. Elles apportent leur solidarité aux militant·es CGT qui en ont été victimes le 1er mai.

Nos organisations réaffirment la justesse de leurs combats et refusent de voir la haine ternir la lutte. Elles appellent à rejeter toutes formes de haine et à poursuivre les luttes faces aux politiques libérales au service du capitalisme.

Nous continuerons à faire respecter notre droit d’expression constitutionnel et à aller manifester pour la solidarité, la justice et le progrès social.

 

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